
Le refus de votre banque française pour financer un bien en Espagne ou en Italie n’est pas une fin en soi, mais le début d’une structuration patrimoniale intelligente.
- Le nantissement de vos actifs financiers (assurance-vie, PEA) est la clé pour obtenir un crédit sans vendre vos placements ni nécessiter un apport colossal.
- La collaboration entre un avocat local et votre notaire français est non-négociable pour sécuriser juridiquement et fiscalement l’opération.
Recommandation : Avant de chercher une banque, auditez vos actifs existants en France ; ils sont le véritable levier de votre projet d’acquisition international.
L’idée d’acquérir une résidence ensoleillée en Espagne ou une demeure de charme en Italie séduit de nombreux résidents français. Ce rêve se heurte pourtant souvent à une réalité financière froide : la réticence des établissements bancaires français à financer un projet hors de leurs frontières. La première réaction est souvent de se tourner vers sa banque habituelle, pour essuyer un refus quasi systématique de prise d’hypothèque sur le bien étranger. On pense alors qu’il faut un apport personnel massif ou qu’il faut se lancer seul dans la jungle des banques locales, avec la barrière de la langue et du droit. Cette approche est non seulement stressante, mais elle occulte les solutions les plus efficaces.
Mais si la véritable clé n’était pas de convaincre votre banquier, mais de construire un « pont financier » sophistiqué entre votre patrimoine français et votre projet étranger ? L’enjeu n’est pas tant de trouver un financement que de le structurer intelligemment. La solution réside souvent dans l’utilisation stratégique de vos actifs déjà existants en France (immobiliers, financiers) pour servir de garantie. Cette approche transforme une contrainte apparente en une opportunité d’optimisation patrimoniale globale.
Cet article va déconstruire les obstacles un par un, du refus bancaire aux subtilités juridiques locales, pour vous fournir un plan d’action technique et concret. Nous explorerons comment utiliser le nantissement d’actifs pour contourner l’exigence d’apport, comment sécuriser l’acte d’achat, maîtriser les frais cachés et, enfin, pourquoi cette diversification géographique est une stratégie puissante pour votre capital.
Pour naviguer avec méthode à travers ces étapes complexes, ce guide aborde les points de vigilance et les solutions techniques de manière structurée. Découvrez les mécanismes qui vous permettront de concrétiser votre projet d’acquisition à l’étranger en toute sérénité.
Sommaire : Les stratégies pour financer votre acquisition immobilière à l’international
- Pourquoi votre banque française refuse de prendre une garantie hypothécaire en Espagne ?
- Notaire français ou avocat local : qui sécurise vraiment votre acte d’achat à l’étranger ?
- L’erreur de sous-estimer les frais de transfert de fonds et de traduction
- Freehold ou Leasehold : comment ne pas acheter un simple droit d’usage au lieu des murs ?
- Comment trouver un chasseur immobilier de confiance à 2000 km de chez vous ?
- Comment nantir vos actifs financiers pour obtenir un crédit immobilier sans apport ?
- Comment investir hors zone Euro sans se faire rincer par le taux de change ?
- Pourquoi la diversification patrimoniale à l’étranger sécurise votre capital face à l’inflation ?
Pourquoi votre banque française refuse de prendre une garantie hypothécaire en Espagne ?
Le premier réflexe, logique, est de solliciter sa banque française. La réponse est malheureusement souvent un refus sec. Ce n’est pas une question de méfiance envers votre projet, mais une difficulté purement technique et juridique. En cas de non-remboursement du crédit, une banque française aurait les plus grandes peines à faire saisir et vendre un bien situé en Espagne ou en Italie. Les procédures juridiques sont complexes, coûteuses et diffèrent radicalement du droit français. Face à ce risque, la quasi-totalité des établissements préfère ne pas s’engager. D’ailleurs, les données du secteur sont claires : plus de 90% des banques françaises refusent de prendre une garantie hypothécaire sur un bien situé hors du territoire national.
Cette situation n’est cependant pas une impasse. Elle vous oblige à penser différemment. Plutôt que de chercher à financer le bien étranger directement, la solution est de proposer à votre banque une garantie déportée. Concrètement, si vous possédez déjà un bien immobilier en France (votre résidence principale, un investissement locatif) libre de tout crédit ou avec un capital remboursé conséquent, la banque peut prendre une hypothèque sur ce bien français. Le montant du prêt accordé servira alors à acheter « cash » le bien en Espagne ou en Italie. La banque finance un projet à l’étranger, mais sa garantie est solidement ancrée en France, un terrain qu’elle maîtrise parfaitement.
Une autre piste consiste à se tourner vers les filiales de banques françaises présentes dans le pays cible, comme BNP Paribas en Italie ou Société Générale en Espagne. Elles peuvent parfois agir comme un pont, facilitant les échanges d’informations et comprenant mieux le profil d’un client résident français. Cependant, la solution la plus puissante, surtout si vous n’avez pas de bien immobilier à hypothéquer, reste la mobilisation de vos actifs financiers, un point que nous détaillerons plus loin.
Ce refus initial n’est donc pas un « non » définitif, mais une invitation à explorer des montages financiers plus sophistiqués que la simple hypothèque classique.
Notaire français ou avocat local : qui sécurise vraiment votre acte d’achat à l’étranger ?
Une fois la question du financement en passe d’être résolue, l’écueil juridique prend le relais. Beaucoup d’acheteurs pensent, à tort, que leur notaire français peut sécuriser la transaction de A à Z. S’il est un expert incontournable pour la structuration de votre patrimoine et les aspects fiscaux côté français (succession, impôt sur la fortune immobilière), son pouvoir s’arrête aux frontières. Il ne maîtrise ni le droit immobilier local, ni les subtilités urbanistiques, ni les diagnostics obligatoires en Espagne ou en Italie. Le véritable chef d’orchestre sur place est l’avocat spécialisé en droit immobilier local.
C’est lui qui mènera la *due diligence* : vérification que le vendeur est bien le propriétaire légitime, absence de dettes (charges de copropriété, impôts locaux) grevant le bien, conformité du permis de construire, etc. C’est une étape cruciale qui évite des catastrophes post-achat. L’erreur serait de les opposer ; la stratégie gagnante est de les faire collaborer. Votre notaire français dialogue avec l’avocat local pour s’assurer que l’acquisition s’intègre parfaitement dans votre stratégie patrimoniale globale et anticiper les impacts fiscaux en France.
Pour visualiser clairement la complémentarité de ces deux experts, le tableau suivant résume leurs rôles respectifs.
| Critère | Notaire français | Avocat local |
|---|---|---|
| Structuration patrimoniale et fiscale | Expert – Maîtrise parfaite du droit français | Limité – Connaissance partielle |
| Vérification conformité locale | Très limité – Ne connaît pas le droit local | Expert – Spécialiste du droit immobilier local |
| Due diligence technique du bien | Impossible à distance | Exhaustif – Vérification sur place |
| Négociation clauses suspensives | Limité au droit français | Expert – Adapté aux pratiques locales |
| Coût moyen | 2-3% du prix du bien | 1-2% du prix du bien |
Cette collaboration organisée entre les deux professionnels est le seul véritable garant d’une transaction sécurisée sur tous les plans.

Comme le suggère cette image, un achat international réussi est le fruit d’une synergie entre expertises. L’avocat local est vos yeux et votre bouclier juridique sur place, tandis que le notaire français est le stratège qui protège votre patrimoine à long terme.
Investir dans les honoraires d’un bon avocat local n’est pas une dépense, mais l’assurance la plus rentable contre les mauvaises surprises juridiques et financières.
L’erreur de sous-estimer les frais de transfert de fonds et de traduction
Le budget d’acquisition est souvent calculé en ajoutant le prix du bien, les taxes locales et les frais de notaire/avocat. Mais un poste de coût majeur est fréquemment oublié ou sous-estimé : le transfert des fonds. Lorsque vous virez plusieurs centaines de milliers d’euros depuis votre compte français vers le compte du notaire espagnol ou italien, votre banque traditionnelle applique deux types de frais : une commission fixe sur le virement international (souvent plafonnée) et, surtout, une marge sur le taux de change. Cette marge, discrète mais très coûteuse, peut représenter 1 à 2% du montant total. Pour un achat à 300 000€, cela peut signifier une perte sèche de 3 000 à 6 000€.
Globalement, en cumulant les frais fixes et la marge de change, on constate que les frais de virement international peuvent atteindre jusqu’à 3-5% du montant transféré. Une solution bien plus économique est de passer par un courtier en devises spécialisé. Ces acteurs proposent des marges bien plus faibles (autour de 0.5%) et offrent des outils précieux comme les contrats à terme, qui permettent de verrouiller un taux de change aujourd’hui pour une transaction qui aura lieu dans 3 mois. Cela vous protège contre une éventuelle dépréciation de l’euro entre la signature du compromis et l’acte final.
Étude de Cas : Économie réalisée avec un courtier en devises
Un investisseur français achetant un bien de 200 000€ au Portugal a économisé 4 500€ en utilisant un courtier en devises spécialisé plutôt que sa banque traditionnelle. Le courtier a négocié une marge de 0,5% sur le taux de change contre 2,5% appliqués par sa banque. De plus, il a proposé un contrat à terme pour verrouiller le taux 3 mois à l’avance, évitant ainsi une hausse défavorable de 1,2% survenue entre la signature du compromis et l’acte définitif, une stratégie qui a prouvé son efficacité.
De même, les frais de traduction ne doivent pas être négligés. Tous les documents officiels (compromis de vente, acte de propriété) devront être traduits par un traducteur assermenté pour être valables et compréhensibles. Il est crucial de budgétiser ces coûts, qui peuvent rapidement s’élever à plusieurs centaines, voire milliers d’euros selon la complexité du dossier.
Anticiper ces postes de dépenses et recourir à des spécialistes est une démarche professionnelle qui différencie un projet amateur d’un investissement maîtrisé.
Freehold ou Leasehold : comment ne pas acheter un simple droit d’usage au lieu des murs ?
En France, le concept de propriété est simple : lorsque vous achetez un bien, vous possédez les murs et le terrain (ou une quote-part) de manière perpétuelle. Ce n’est pas toujours le cas à l’étranger, notamment dans les pays de droit anglo-saxon comme le Royaume-Uni, mais des concepts similaires peuvent exister ailleurs. Il est vital de comprendre la distinction entre « Freehold » et « Leasehold ». Le Freehold correspond à la pleine propriété, telle que nous la connaissons. Vous êtes propriétaire du bâtiment et du terrain pour une durée indéfinie.
Le Leasehold, en revanche, est un concept plus complexe. Vous n’achetez pas les murs, mais un droit d’usage et d’occupation du bien pour une durée déterminée (le « bail »), qui peut aller de quelques dizaines à 999 ans. À la fin du bail, la propriété revient théoriquement au propriétaire du terrain (le « Freeholder »). Vous êtes en réalité un locataire à très long terme. Cela a des implications financières majeures : vous devez payer une rente annuelle au propriétaire (« ground rent ») et la valeur de votre droit diminue à mesure que la fin du bail approche, surtout lorsqu’il passe sous la barre des 80 ans. Obtenir un financement bancaire devient alors très difficile.

L’image ci-dessus illustre parfaitement la différence : le Freehold est une possession solide et entière, tandis que le Leasehold est un droit plus « transparent », limité dans le temps. Avant toute signature, la question fondamentale à poser via votre avocat local est : « Quel est le régime de propriété exact de ce bien ? ». En Espagne et en Italie, le système est majoritairement basé sur la pleine propriété (similaire au Freehold), mais des exceptions existent, notamment pour des biens situés sur des domaines côtiers ou historiques. La vigilance est donc de mise.
Ne pas valider ce point, c’est prendre le risque d’acheter une coquille qui perd de sa valeur avec le temps au lieu d’un actif qui s’apprécie.
Comment trouver un chasseur immobilier de confiance à 2000 km de chez vous ?
Acheter à distance est un défi. Les photos sont flatteuses, les descriptions optimistes, et la barrière de la langue peut masquer des informations cruciales. Mandater un chasseur immobilier local est souvent la solution la plus sûre et efficace. Il sera vos yeux et vos oreilles sur le terrain, présélectionnera les biens correspondant à vos critères, effectuera des pré-visites et vous fournira des rapports objectifs, incluant les défauts. Mais comment choisir le bon partenaire, celui qui défendra vos intérêts et non ceux du vendeur ?
La confiance se bâtit sur la compétence et la transparence. Un bon chasseur international doit avoir une triple expertise : une connaissance parfaite de son marché local, une compréhension des problématiques des acheteurs étrangers (fiscalité, financement) et un réseau solide (avocats, artisans, gestionnaires locatifs). Il doit travailler avec un mandat de recherche exclusif et être rémunéré par vous, l’acheteur, pour éviter tout conflit d’intérêts avec les agences vendeuses. Sa valeur ajoutée réside aussi dans sa capacité à négocier le prix en s’appuyant sur des données de marché réelles, souvent inaccessibles depuis la France.
Pour évaluer un professionnel à distance, ne vous contentez pas d’un beau site web. Mettez-le à l’épreuve. Demandez des références de clients français, questionnez-le sur des cas complexes qu’il a résolus, et analysez son modèle de rémunération. Un vrai partenaire sera transparent sur ses méthodes et ses succès.
Votre checklist pour qualifier un chasseur immobilier international
- Transactions passées : Combien d’opérations transfrontalières avez-vous menées ces 12 derniers mois et pour quel type de clients ?
- Expertise financement : Décrivez une transaction où le financement était un défi et comment vous avez aidé à le structurer.
- Réseau local : Quelles sont vos relations avec les avocats, notaires et artisans locaux ? Pouvez-vous fournir des contacts ?
- Conflit d’intérêts : Comment votre modèle de rémunération garantit-il que vous défendez exclusivement mes intérêts face aux agences vendeuses ?
- Transparence des coûts : Proposez-vous une rémunération au succès avec un pourcentage clair et sans frais cachés ?
Un bon chasseur ne vous trouve pas seulement une maison ; il sécurise votre investissement et vous fait gagner un temps et un argent précieux.
Comment nantir vos actifs financiers pour obtenir un crédit immobilier sans apport ?
Voici la solution la plus puissante pour contourner le refus des banques et l’exigence d’un apport colossal : le crédit Lombard, ou plus simplement, le nantissement de vos actifs financiers. Le principe est simple : au lieu de prendre une hypothèque sur un bien immobilier, la banque prend en garantie un portefeuille de placements que vous détenez déjà, comme un contrat d’assurance-vie, un compte-titres ou un PEA. Vous n’avez pas besoin de vendre vos actifs, qui continuent de générer du rendement. Vous les utilisez comme caution.
Cette technique est un véritable changeur de jeu pour l’investisseur français. Elle présente plusieurs avantages majeurs. Premièrement, elle résout le problème de la garantie à l’étranger : la banque se moque que vous achetiez en Espagne, en Italie ou sur la lune, car sa garantie (votre portefeuille) est domiciliée en France, dans ses livres. Deuxièmement, le montant prêté peut être conséquent. En général, les banques privées ou spécialisées accordent un prêt correspondant à un certain pourcentage de la valeur de vos actifs. Selon une analyse du marché, les banques françaises accordent entre 50% et 100% de la valeur des actifs nantis, avec une moyenne de 70% pour un contrat d’assurance-vie majoritairement investi en fonds euros.
Concrètement, si vous possédez une assurance-vie de 400 000€, vous pourriez obtenir un crédit *in fine* (vous ne remboursez que les intérêts, le capital est remboursé à la fin) de 280 000€ pour acheter votre bien « cash » à l’étranger. Le coût du crédit est souvent très compétitif, car la garantie est jugée très sûre par la banque. Pendant la durée du prêt, votre assurance-vie continue de travailler et, idéalement, le rendement de vos placements couvre tout ou partie des intérêts du crédit. C’est le montage par excellence pour l’investisseur qui souhaite acheter à l’étranger sans mobiliser sa trésorerie et sans vendre un patrimoine financier performant.
Le crédit Lombard transforme votre patrimoine financier dormant en un puissant levier d’acquisition international, sans sacrifier ni votre liquidité ni le rendement de vos placements.
Comment investir hors zone Euro sans se faire rincer par le taux de change ?
Si votre projet se situe en dehors de la zone euro (Suisse, Royaume-Uni, etc.), une nouvelle complexité apparaît : le risque de change. Si vous empruntez en euros pour acheter un bien en francs suisses (CHF), et que l’euro se déprécie face au CHF, la valeur en euros de votre bien et de vos loyers potentiels augmente. C’est positif. Mais si la tendance s’inverse, vous perdez sur les deux tableaux. Ce risque est particulièrement aigu sur les flux de trésorerie mensuels : si vous percevez des loyers en devise locale pour rembourser un crédit en euros, la moindre fluctuation peut créer un déficit.
Comme le souligne un expert du secteur, la meilleure stratégie de protection est souvent la plus simple.
Dans un contexte de volatilité des devises, emprunter dans la monnaie du pays où vous investissez est la meilleure protection contre le risque de change sur vos flux de trésorerie.
– Laurent Demeure, Coldwell Banker France & Monaco
Cette stratégie, appelée couverture naturelle, consiste à contracter un prêt directement auprès d’une banque dans le pays d’investissement et dans la devise locale. Vos revenus (loyers) et vos dépenses (mensualités du crédit) sont alors dans la même monnaie, annulant de fait le risque de change sur votre cash-flow mensuel.
Étude de Cas : Stratégie de couverture naturelle sur un investissement locatif en Suisse
Un investisseur français a acquis un appartement de 500 000 CHF à Genève en contractant un prêt de 400 000 CHF auprès d’une banque suisse. Les loyers de 3 500 CHF/mois couvrent intégralement les mensualités de 2 800 CHF et les charges. Cette stratégie de « prêt en devise locale » élimine totalement le risque de change sur les flux mensuels : peu importe l’évolution du taux EUR/CHF, les revenus et les dépenses s’équilibrent dans la même devise. Seul le capital final, lors de la revente et du rapatriement des fonds en euros, reste exposé au risque de change.
Cette approche transforme une source de stress et de risque en un système financier auto-équilibré, vous permettant de vous concentrer sur la gestion de votre bien.
À retenir
- Le nantissement d’actifs financiers (assurance-vie, PEA) est le levier principal pour financer un achat à l’étranger sans apport, en offrant une garantie solide à une banque française.
- Une transaction internationale sécurisée repose sur la collaboration indispensable entre votre notaire en France (pour la stratégie patrimoniale) et un avocat local (pour la diligence juridique et la conformité).
- Pour les projets hors zone Euro, emprunter dans la devise locale (« couverture naturelle ») est la méthode la plus efficace pour neutraliser le risque de change sur vos flux de trésorerie mensuels (loyers vs mensualités).
Pourquoi la diversification patrimoniale à l’étranger sécurise votre capital face à l’inflation ?
Au-delà du plaisir d’une résidence secondaire, l’acquisition d’un bien à l’étranger est une décision patrimoniale stratégique. Elle répond à un principe fondamental de la gestion de fortune : la diversification. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier s’applique aussi à l’immobilier. En détenant des actifs dans plusieurs pays, vous réduisez votre exposition au seul cycle économique et immobilier français. L’immobilier ne monte et ne baisse pas au même rythme partout en Europe. Quand le marché français stagne, le marché espagnol peut être en pleine reprise, et inversement.
Cette décorrélation des cycles permet de lisser la performance globale de votre patrimoine immobilier et de le rendre plus résilient face aux crises locales. Un bien en Italie ou en Espagne constitue également un actif tangible dans une devise forte (l’euro), agissant comme une valeur refuge face à l’inflation. Alors que la monnaie perd de sa valeur, un actif immobilier bien placé a tendance à voir sa valeur nominale augmenter, protégeant ainsi votre pouvoir d’achat à long terme.
L’analyse des données macro-économiques confirme cette théorie. La corrélation entre les marchés immobiliers européens varie considérablement, offrant de réelles opportunités d’arbitrage pour un investisseur avisé.
Le tableau suivant, basé sur des analyses de cycles, met en évidence la faible corrélation entre le marché français et d’autres marchés européens, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, ce qui en fait d’excellents vecteurs de diversification. L’Espagne et le Portugal, bien que plus corrélés, présentent souvent un décalage de cycle qui permet de saisir des opportunités à contre-courant.
| Pays | Corrélation avec la France | Décalage du cycle | Opportunité de diversification |
|---|---|---|---|
| Espagne | 0,72 | +6 à 12 mois | Modérée |
| Allemagne | 0,45 | -12 à 18 mois | Élevée |
| Portugal | 0,68 | +3 à 6 mois | Modérée |
| Pologne | 0,31 | Indépendant | Très élevée |
| Royaume-Uni | 0,38 | -6 à 12 mois | Élevée |
Pour mettre en pratique ces stratégies et structurer votre projet de financement international, l’étape suivante consiste à réaliser un audit de vos actifs et à vous faire accompagner par un courtier spécialisé qui saura construire le pont financier le plus adapté à votre situation.
Questions fréquentes sur le financement et l’achat immobilier à l’étranger
Quelle durée minimale de Leasehold pour obtenir un financement bancaire ?
Les banques exigent généralement que la durée restante du Leasehold soit supérieure à la durée du prêt + 20 ans minimum. Pour un prêt sur 25 ans, il faut donc au moins 45 ans de bail restant.
Peut-on transformer un Leasehold en Freehold après l’achat ?
Dans certains pays comme le Royaume-Uni, il est possible de racheter le Freehold, mais le coût peut représenter 10 à 30% de la valeur du bien selon la durée restante du bail.
Comment calculer le coût réel d’un bien en Leasehold ?
Il faut additionner le prix d’achat, les charges annuelles (ground rent), et provisionner le coût d’extension du bail qui augmente exponentiellement quand il reste moins de 80 ans.